CHAPITRE X — SE LOGER, BOUGER, CONSTRUIRE
Un pays où l’on ne peut plus se loger est un pays où l’on ne peut plus bouger ; un pays où l’on ne peut plus bouger est un pays où le travail ne trouve plus les travailleurs, où l’étudiant ne trouve plus d’université et où saisonnier rime avec précarité. Le logement n’est pas une politique sociale parmi d’autres : c’est le goulot par lequel passe tout le reste : les salaires, l’emploi, la natalité, et jusqu’à l’humeur du pays. Nous avons rebâti une cathédrale en cinq ans. Nous saurons construire des logements.
Proposition 23 — Construire aux normes Notre-Dame de Paris
Ce qui existe. Pour bâtir un immeuble en France, il faut traverser un code de l’urbanisme devenu illisible, des études et des diagnostics qui s’empilent sans jamais s’annuler, des recours qui suspendent tout pendant des années. Chaque norme prise isolément se justifie ; leur addition interdit de construire. Les maires bâtisseurs se font rares et ne construisent de toute façon que 4 ans et demi sur 6, moratoire avant les élections oblige !
Ce que l’on constate. Quand la nation l’a voulu, elle a relevé Notre-Dame de Paris en cinq ans -chantier d’une complexité inouïe, mené dans les règles de l’art, sous le regard du monde entier. Le même pays met souvent plus de temps à sortir de terre un immeuble de trente logements qu’il n’en a fallu pour rebâtir une cathédrale.
Ce qui nous menace. Une pénurie qui s’auto-entretient : moins de logements, des prix qui montent, des jeunes qui renoncent, des salariés qui refusent un emploi faute de toit. À dix ans, c’est la mobilité du travail tout entière qui se grippe — et avec elle la croissance.
Ce que nous ferons. Le « régime Notre-Dame » deviendra le droit commun de la construction et de la rénovation : un guichet unique, un calendrier opposable, des normes fondues ; à la manière de ce que Gaspard Koenig appelle « faire fondre les codes », et des recours enserrés dans des délais brefs, jugés une fois, pas trois. Qui attaque un permis pour gagner du temps en paiera aussi le prix.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les professionnels du recours dilatoire, les rentiers de la rareté foncière, les bureaux d’études qui vivent de l’empilement. Y gagnent : les locataires, les primo-accédants, les artisans du bâtiment, les maires bâtisseurs.
Pourquoi tout le monde y gagne. Construire plus, cela signifie des loyers qui se détendent, des chantiers qui embauchent, des recettes fiscales sans hausse d’impôt. Même le propriétaire en place y gagne : un pays qui loge sa jeunesse est un pays qui reste solvable. Quand le bâtiment va, tout va !
Les chiffres. Coût : marginal — une déréglementation, pas une dépense. Rapport : le choc de construction génère des recettes induites (TVA, droits de mutation, impôt sur les sociétés du bâtiment) — environ +4 milliards à terme (levier « logement »). Inaction : des loyers qui étranglent salaires, emploi et natalité — le goulot par lequel passe tout le reste. Trajectoire : +4 milliards de recettes, plus la croissance du bâtiment. Concrètement : Notre-Dame relevée en cinq ans, mais trente logements plus longs à sortir de terre qu’une cathédrale — le « régime Notre-Dame » fait droit commun : guichet unique, recours jugés une fois, pas trois.
Proposition 24 — Rendre les permis de construire à l’intérêt général
Ce qui existe. Le maire délivre les permis de construire. Ce pouvoir de proximité, légitime dans son principe, est devenu dans les zones tendues un droit de veto : refuser de construire fait gagner des élections, construire en fait perdre.
Ce que l’on constate. Des communes entières, au cœur des métropoles où les prix flambent, ne délivrent presque plus rien. Chacune a ses raisons ; leur somme est une catastrophe nationale. Le logement est le seul marché où ceux qui décident de l’offre sont élus par ceux qui possèdent déjà si l’on pousse la caricature !
Ce qui nous menace. La sécession silencieuse des métropoles : des centres réservés aux héritiers et aux investisseurs, des travailleurs relégués à deux heures de leur emploi, et une colère qui cherchera ses coupables… et pour tous, partout : un choix cornélien entre passoires et bouilloires thermiques quand ce n’est pas le cumul des deux !
Ce que nous ferons. Dans les zones tendues, des objectifs de construction opposables seront fixés à chaque commune. Le maire qui construit gardera la main et sera récompensé budgétairement ; le maire qui bloque verra la compétence remonter à l’intercommunalité ou l’échelon supérieur, qui délivrera à sa place. La liberté locale demeure ; le veto disparaît.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les maires malthusiens, et le confort électoral du « pas ici ». Y gagnent : les jeunes ménages, les salariés mobiles, les communes bâtisseuses, enfin soutenues au lieu d’être punies par leurs voisines.
Pourquoi tout le monde y gagne. Quand toutes les communes construisent leur part, aucune ne subit seule la densité. L’effort partagé est la seule manière de le rendre acceptable — et le maire redevient ce qu’il doit être : un bâtisseur, pas un gardien de barrière.
Les chiffres. Coût : nul. Rapport : chaque commune construit sa part ; les recettes induites sont comptées avec la proposition 23, sans double compte. Inaction : le « pas ici » électoral qui fige l’offre partout à la fois, dans les métropoles où les prix flambent. Trajectoire : portée par le levier logement, sans ligne propre. Concrètement : des objectifs opposables par commune — le maire qui construit garde la main et est récompensé, celui qui bloque voit la compétence remonter.
Proposition 25 — Le TGV du désenclavement, pas les gares de prestige
Ce qui existe. La grande vitesse française est une fierté nationale qui s’est arrêtée en chemin. Toulouse, quatrième ville de France, n’est toujours pas reliée au réseau à grande vitesse ; Clermont-Ferrand subit une ligne vieillissante dont les retards sont devenus un folklore amer. Pendant ce temps, l’argent public a souvent préféré les gares spectaculaires aux rails utiles.
Ce que l’on constate. Là où le TGV passe, les entreprises s’installent, les prix de l’immobilier se rééquilibrent entre Paris et les régions, les cadres acceptent de quitter la capitale. Là où il ne passe pas, les métropoles plafonnent et les talents partent. Il y a fort à Parier que la pression monte pour des LGV jusqu’à San Sebastian prochainement !
Ce qui nous menace. Une France à deux vitesses au sens propre : des métropoles connectées qui concentrent tout, des capitales régionales entières qui décrochent et le sentiment d’abandon qui nourrit tous les extrêmes.
Ce que nous ferons. La priorité ferroviaire du mandat ira au désenclavement : Toulouse et Clermont-Ferrand d’abord, puis le Sud-Ouest, puis un petit coup sur le Marseille-Nice, relique de l’après-guerre. Chaque euro d’infrastructure sera classé selon notre règle d’or -l’investissement qui rapporte avant la dépense qui décore- et les projets de prestige sans trafic seront arrêtés. Oui aux lignes utiles, non aux gares comme celles du Grand Paris…
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les inaugurations flatteuses, les grands gestes architecturaux sans usage. Y gagnent : des bassins de plusieurs millions d’habitants, les entreprises qui y recruteront, et le contribuable, qui paie enfin du transport et non du marbre.
Pourquoi tout le monde y gagne. Désenclaver, c’est désengorger : chaque emploi créé à Toulouse ou à Clermont est un logement de moins à trouver en Île-de-France. La grande vitesse bien placée est une politique du logement qui ne dit pas son nom.
Les chiffres. Coût : pris dans l’enveloppe CAPEX du moteur (+9 milliards à terme, partagée avec le métro, les ponts et le numérique), nette des redéploiements. Rapport : désenclaver, c’est désengorger — chaque emploi créé à Toulouse ou Clermont est un logement de moins à trouver en Île-de-France. Inaction : Toulouse, quatrième ville, toujours pas à grande vitesse ; une métropolisation subie et des capitales régionales qui décrochent. Trajectoire : investissement à fort rendement de croissance de long terme. Concrètement : la grande vitesse de désenclavement (Toulouse, Clermont d’abord), pas les gares de prestige.
Proposition 26 — Un métro parisien au niveau de Tokyo
Ce qui existe. Le métro de Paris transporte chaque jour des millions de voyageurs dans des conditions que plus personne n’ose défendre : rames saturées, pannes à répétition, stations dégradées, sentiment d’insécurité. Tokyo, ville plus vaste et plus dense, offre un réseau propre, ponctuel à la minute, sûr à toute heure. Et ce n’est pas qu’une question de culture !
Ce que l’on constate. Ce n’est pas une affaire de génie japonais : c’est une affaire d’exploitation, de maintenance préventive, de présence humaine et d’exigence quotidienne. Le Grand Paris Express ajoute des lignes neuves à un réseau historique qu’on laisse s’user. On agrandit la maison sans réparer les fondations.
Ce qui nous menace. Une capitale qui vise sept à huit millions d’habitants intra-muros, organisée en quarante districts, ne tiendra pas debout sur un métro du siècle dernier. Sans transport fiable, la densité devient un enfer — et la première vitrine de la France devient sa première honte.
Ce que nous ferons. Un contrat d’exigence décennal pour le réseau historique : ponctualité, propreté, sécurité et fréquence mesurées ligne par ligne, publiées chaque mois, opposables à l’exploitant. La maintenance préventive passera avant l’inauguration de nouveautés, et la présence humaine en station sera rétablie là où la peur a vidé les quais.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : le confort des objectifs flous, les exploitants jugés sur leurs promesses plutôt que sur leurs trains. Y gagnent : les millions de voyageurs quotidiens -d’abord ceux des lignes de banlieue, qui subissent le pire, et l’image de la France aux yeux du monde.
Pourquoi tout le monde y gagne. Un métro fiable, c’est du temps rendu aux travailleurs, des quartiers reconnectés, des voitures en moins, des touristes contents. Tokyo l’a prouvé : l’excellence du quotidien n’est pas un luxe, c’est une organisation du socle commun.
Les chiffres. Coût : dans la même enveloppe CAPEX (+9 milliards, partagée). Rapport : du temps rendu aux travailleurs, des voitures en moins, des quartiers reconnectés. Inaction : un Paris de sept à huit millions d’habitants en quarante districts ne tient pas sur un métro du siècle dernier — la première vitrine de la France devient sa première honte. Trajectoire : investissement, rendement de long terme. Concrètement : un contrat d’exigence décennal — ponctualité, propreté, sécurité mesurées ligne par ligne et publiées chaque mois, la maintenance avant l’inauguration.
Proposition 27 — Le logement, clé de la mobilité du travail
Ce qui existe. Des centaines de milliers d’emplois ne trouvent pas preneur dans des bassins où l’on ne trouve pas à se loger. Le salarié qui voudrait accepter un poste à cent kilomètres y renonce : vendre, racheter, déménager coûte trop cher, trop longtemps, trop d’incertitude. Et c’est surtout souvent impossible : pas d’offre de logement !
Ce que l’on constate. Notre doctrine du travail tient en une phrase : travailler plus ; plus longtemps dans la vie, plus d’heures dans l’année et plus librement dans l’espace. Or la France est l’un des pays où l’on déménage le moins pour son emploi. Ce n’est pas un trait de caractère : c’est le prix de l’absence de logements, qui cloue les gens au sol.
Ce qui nous menace. Une économie de plus en plus absurde : ici des usines qui cherchent des bras, là des chômeurs qui cherchent des usines, et entre les deux un marché du logement qui interdit la rencontre. Le chômage français est aussi un chômage immobiliste faute d’immobilier !
Ce que nous ferons. Tout ce qui fige sera allégé, tout ce qui fluidifie sera favorisé : frais de mutation réduits pour qui déménage vers l’emploi, parc locatif intermédiaire développé près des bassins qui recrutent, garanties simplifiées pour que le salarié mobile ne soit plus traité en suspect par les bailleurs. Le choc de construction des propositions 23 et 24 en est la condition première : on ne fluidifie pas la pénurie. Accompagnement de la rénovation de l’ancien…
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : la rente de l’immobilisme, les droits de mutation comme impôt sur le mouvement. Y gagnent : les salariés qui veulent saisir leur chance, les entreprises qui recrutent enfin, les territoires industriels qui revivent.
Pourquoi tout le monde y gagne. Chaque emploi pourvu, c’est un chômeur de moins à indemniser et un cotisant de plus. La mobilité n’est pas un déracinement qu’on subit : c’est une liberté qu’on rend. Un pays où l’on peut bouger est un pays où l’on peut espérer.
Les chiffres. Coût : la baisse des droits de mutation est une recette en moins pour les collectivités, à compenser. Rapport : la mobilité est le premier remède au chômage et la première marche d’une réforme de l’assurance chômage. Inaction : ici des usines qui cherchent des bras, là des chômeurs qui cherchent des usines, et un marché du logement qui interdit la rencontre. Trajectoire : coût compensé par l’emploi et les cotisations enclenchés. Concrètement : les droits de mutation cessent d’être un impôt sur le mouvement ; un parc locatif intermédiaire près des bassins qui recrutent.
La construction ne suffit pas : une politique du logement se juge à sa capacité d’accueillir toute la société : l’étudiant pauvre, la famille modeste, la personne à la rue, et l’investisseur sans lequel rien ne se bâtit.
Proposition 68 — Le logement social qui suit la famille, pas les murs
Ce qui existe. L’éligibilité au logement social est attachée au logement : une fois entré, on reste (parfois à vie, parfois au-delà du besoin) pendant que 2,5 millions de demandeurs attendent dehors. La mobilité dans le parc est quasi nulle.
Ce que l’on constate. Le système protège les installés et exclut ceux qui attendent. Une famille dont les revenus montent, garde pourtant souvent son logement aidé ; une famille qui doit déménager pour un emploi perd son rang et repart de zéro. Le parc social est devenu une rente de situation au lieu d’un filet.
Ce qui nous menace. Une file d’attente qui s’allonge sans fin, et le sentiment -destructeur- que le logement social récompense l’ancienneté plutôt que le besoin.
Ce que nous ferons. Rendre le droit portable : l’éligibilité s’attache au foyer, pas aux murs. Examen régulier de la situation, sortie accompagnée vers le parc privé ou l’accession quand les revenus le permettent, et conservation du rang en cas de mobilité professionnelle — déménager pour travailler ne fera plus perdre son droit. Le parc tournera ; la file avancera. (Et l’aide portera à terme, sur le complément, sorte de reste à charge de l’Etat sur l’ensemble du parc. Les « logements ne seront plus sociaux », mais chaque logement pourra l’être de façon invisible pour le bailleur… à terme aussi, c’est donc le fléchage repensé du Livret A, la réinvention des investissements locatifs défiscalisés… tout le système est à revoir à moyen et long terme… ce n’est ici que la première pierre !).
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les occupants dont la situation ne justifie plus l’aide, accompagnés vers la sortie sans brutalité. Y gagnent : les 2,5 millions de familles qui attendent, et les salariés modestes enfin mobiles.
Pourquoi tout le monde y gagne. Un parc qui tourne loge davantage de monde à parc constant : c’est la productivité appliquée au « logement social ». Et la mobilité retrouvée nourrit l’emploi, donc les cotisations qui financent le parc lui-même.
Les chiffres. Coût : nul — une règle de gestion, pas une dépense. Rapport : un parc qui tourne loge davantage de monde à parc constant — la productivité appliquée au logement social. Inaction : un parc figé pendant que 2,5 millions de familles attendent dehors. Trajectoire : neutre pour la dette, gain d’efficacité. Concrètement : le droit s’attache au foyer, pas aux murs — déménager pour un emploi ne fait plus perdre son rang.
Proposition 69 — Zéro retour à la rue : un toit d’abord, digne et durable
Ce qui existe. Des nuitées d’hôtel par centaines de milliers, des hébergements d’urgence saturés chaque hiver, des structures temporaires qui recommencent chaque automne ; coûteuses, insalubres parfois, et sans issue.
Ce que l’on constate. Les pays qui ont fait reculer le nombre de sans-abris -Finlande en tête !- ont inversé la logique : le logement stable d’abord, l’accompagnement ensuite. La France paie le prix fort du provisoire permanent : l’hôtel social coûte plus cher qu’un logement, pour un résultat indigne.
Ce qui nous menace. La rue qui s’installe comme un horizon permanent, et des enfants par milliers qui grandissent à l’hôtel. Un boulevard pour les marchands de sommeil !
Ce que nous ferons. Substituer au provisoire un parc de logements modestes, salubres et durables, en mobilisant les bâtiments publics vacants et la construction modulaire de qualité ; accompagnement social et médical attaché à la personne ; objectif public : plus aucun enfant à l’hôtel à l’horizon du mandat. Une société riche et moderne se doit d’accueillir ses plus faibles et ses marginaux, gratuitement ou presque, et dignement.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les marchands de sommeil et la facilité du provisoire reconduit. Y gagnent : les personnes à la rue, les finances publiques (le durable coûte moins que l’urgence répétée), et les villes apaisées.
Pourquoi tout le monde y gagne. Le phénomène des sans-abris coûte deux fois : en dépenses d’urgence et en vies brisées qui finissent à l’hôpital, en prison ou en psychiatrie. Le toit d’abord est la politique sociale la plus rentable qui existe et la Finlande l’a démontré comptablement.
Les chiffres. Coût : compris dans le levier « logement pour tous » (+2,5 milliards à terme), à coût net modéré — il se substitue aux nuitées d’hôtel d’urgence. Rapport : reloger durablement coûte moins cher que l’urgence répétée. Inaction : des centaines de milliers de nuitées d’hôtel reconduites, et des milliers d’enfants qui grandissent à l’hôtel. Trajectoire : dépense nette modérée par substitution. Concrètement : le « toit d’abord » à la finlandaise — plus aucun enfant à l’hôtel à l’horizon du mandat.
Proposition 70 — Loger les étudiants : construire, vite, et aider les plus pauvres
Ce qui existe. Un parc de résidences universitaires notoirement insuffisant, des aides au logement qui solvabilisent surtout les loyers des bailleurs en zone tendue, et des étudiants qui renoncent à une formation faute de pouvoir se loger dans la ville qui la dispense.
Ce que l’on constate. Des étudiants qui travaillent en plus de leurs études, au point d’échouer, qui dorment dans des voitures ou renoncent totalement en cours d’année ! L’ascenseur social en panne dès le rez-de-chaussée est une honte. C’est l’exact contraire de ce que l’on pousse dans le chapitre I.
Ce qui nous menace. Une sélection sociale par le logement, qui défait silencieusement tout ce que l’école aura réparé.
Ce que nous ferons. Un plan de construction de résidences étudiantes adossé au choc de simplification (foncier des universités et de l’État mobilisé, normes allégées, recours enserrés) avec une cible publiée par académie ; le maintien des aides, recentrées sur les étudiants modestes ; et pour les plus pauvres, un traitement d’urgence dès 2028 : logement quasi gratuit contre engagement d’assiduité, parce qu’un étudiant pauvre qui réussit rembourse la nation au centuple.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les bailleurs de studios indignes loués à prix d’or, concurrencés par une offre publique digne. Y gagnent : les étudiants et leurs familles, les universités, les villes universitaires, la jeunesse.
Pourquoi tout le monde y gagne. Chaque étudiant logé décemment est un diplômé de plus, et le capital humain est la première richesse du pays, surtout dans un pays qui vieillit ! C’est l’investissement du chapitre I, prolongé quotidiennement jusqu’au lit et avec un diplôme, jusqu’au boulot.
Les chiffres. Coût : compris dans le levier « logement pour tous » (+2,5 milliards à terme, avec le toit d’abord et l’ancien). Rapport : chaque étudiant logé décemment est un diplômé de plus — le capital humain du chapitre I prolongé jusqu’au lit. Inaction : des étudiants qui dorment dans leur voiture ou renoncent en cours d’année — la sélection sociale par le logement. Trajectoire : dépense ciblée, rendement de long terme. Concrètement : des résidences étudiantes construites au régime « Notre-Dame », et la quasi-gratuité pour les plus pauvres dès 2028 contre engagement d’assiduité.
Proposition 71 — L’ancien : 80 % des logements de 2050 sont déjà construits
Ce qui existe. Des aides à la rénovation dispersées et instables, sept millions de passoires thermiques, des poches d’insalubrité jusqu’au cœur des grandes villes, et des loyers prohibitifs dans les zones tendues.
Ce que l’on constate. L’obsession du neuf fait oublier l’essentiel : la France de 2050 habitera très majoritairement des murs qui existent déjà. La bataille du logement se gagne dans l’ancien — thermiquement, sanitairement, financièrement.
Ce qui nous menace. Un parc qui se dégrade plus vite qu’on ne le rénove, des factures d’énergie qui appauvrissent les modestes, et des centres-villes réservés aux héritiers.
Ce que nous ferons. Une politique de l’ancien à trois étages : rénovation thermique massifiée (guichet unique, aides stables sur dix ans, industrialisation des chantiers par groupements d’artisans), éradication programmée de l’insalubrité avec pouvoirs renforcés contre les marchands de sommeil, et sur les loyers, la seule réponse durable, l’offre : remise sur le marché des logements vacants (fiscalité dissuasive à la vacance, confiance restaurée du bailleur par une justice locative rapide), plutôt que des encadrements qui assèchent le marché qu’ils prétendent protéger.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les marchands de sommeil, les propriétaires de logements volontairement vacants, et la rente de rareté. Y gagnent : les locataires, les artisans du bâtiment (un gisement de chantiers pour vingt ans), et le climat.
Pourquoi tout le monde y gagne. La rénovation est le CAPEX parfait : elle baisse les factures des ménages, emploie dans tous les territoires, valorise le patrimoine des propriétaires et réduit les émissions. Quatre dividendes pour une dépense.
Les chiffres. Coût : compris dans le levier « logement pour tous », net des aides existantes (~4 milliards déjà engagés sur la rénovation). Rapport : le CAPEX parfait — quatre dividendes : factures en baisse, emploi dans tous les territoires, patrimoine valorisé, émissions réduites. Inaction : sept millions de passoires thermiques et des poches d’insalubrité, alors que 80 % des logements de 2050 existent déjà. Trajectoire : dépense nette modérée, fort effet d’emploi local. Concrètement : un guichet de rénovation stable sur dix ans, la vacance taxée plutôt que le loyer encadré, et des incitations à la vente pour effacer passoires et bouilloires.
Proposition 72 — Donner envie de bâtir : l’investisseur et le promoteur réhabilités
Ce qui existe. Un investisseur immobilier traité en suspect fiscal, un promoteur traité en prédateur, des taux qui ont fermé l’accès au crédit, et des maires qui gagnent à refuser les permis.
Ce que l’on constate. On ne loge pas un pays, contre ceux qui construisent. La production de logements neufs s’est effondrée ; chaque maillon (foncier, permis, recours, financement, fiscalité) décourage l’acte de bâtir.
Ce qui nous menace. Une pénurie durable qui nourrit tout le reste : loyers prohibitifs, immobilité professionnelle, jeunesse sacrifiée, épargne des Français détournée du logement.
Ce que nous ferons. Remettre le promoteur au cœur de la cité : régime fiscal stable et lisible sur dix ans pour l’investissement locatif raisonnable, prêts bonifiés adossés au fonds souverain pour le logement intermédiaire, documents d’urbanisme aux objectifs opposables, et le régime des recours aligné sur le précédent de Notre-Dame — celui qui a permis de rebâtir une cathédrale en cinq ans (proposition 23). Bâtir doit redevenir un métier honoré et un placement de bon père de famille.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les recours d’opportunité et la spéculation sur la rareté ; un marché qui construit est un marché où la rétention ne paie plus. Y gagnent : les promoteurs et artisans, les épargnants, et tous ceux qui cherchent un toit.
Pourquoi tout le monde y gagne. L’offre est la seule politique du logement qui ne se paie pas deux fois. Chaque grue dressée, ce sont des emplois immédiats, des recettes de TVA, et, trois ans plus tard, une famille logée qui n’attend plus rien de l’État.
Les chiffres. Coût : marginal — une fiscalité stable et des prêts adossés au fonds souverain, pas une subvention. Rapport : l’offre ne se paie pas deux fois — chaque grue dressée, ce sont des emplois immédiats et des recettes de TVA (comptées dans le levier logement, +4 milliards). Inaction : la rétention et la spéculation sur la rareté, qui paient tant qu’on ne construit pas. Trajectoire : recettes induites, sans double compte. Concrètement : l’investisseur et le promoteur réhabilités — régime fiscal stable sur dix ans, recours alignés sur le précédent Notre-Dame.