CHAPITRE XIV — JUSTICE ET SÉCURITÉ
Le vrai laxisme, ce n’est pas la peine trop douce : c’est la peine jamais exécutée. La France a voté cinq lois de sécurité et de justice en huit ans, et la certitude de la sanction n’a pas progressé d’un pouce. Nous ne proposerons pas une sixième loi d’émotion. Nous proposons autre chose : que chaque acte reçoive une réponse, vite, à chaque fois -et que cette réponse éduque autant qu’elle punit. La fermeté qui marche n’est pas la plus bruyante ; c’est la plus certaine.
Proposition 33 — Tolérance zéro : casseurs, violeurs, violences faites aux femmes et aux enfants
Ce qui existe. Trois impunités installées. Le casseur interpellé ressort sans payer ce qu’il a détruit. Le violeur, lui, n’est presque jamais condamné : selon l’Institut des politiques publiques, environ quatre-vingt-quatorze pour cent des plaintes pour viol finissent classées sans suite ou sans condamnation. Quant aux violences conjugales et familiales, les lois s’empilent pendant que les ordonnances de protection arrivent trop tard.
Ce que l’on constate. Toute la recherche le démontre, et l’expérience espagnole le confirme : ce qui dissuade, ce n’est pas la sévérité affichée, c’est la certitude et la rapidité de la sanction. L’Espagne a créé en 2004 des juridictions spécialisées contre les violences faites aux femmes, généralisé le bracelet anti-rapprochement : les féminicides y ont baissé, dans un consensus qui a traversé les alternances politiques.
Ce qui nous menace. Quand l’État ne protège ni les vitrines, ni les femmes, ni les enfants, ni les quartiers, ni les transports, chacun en tire la leçon : les uns que tout est permis, les autres que porter plainte ne sert à rien. C’est ainsi qu’une société se défait.
Ce que nous ferons. Pour les casseurs : interpellation systématique, comparution rapide, réparation financière intégrale des dégâts par les condamnés, et interdiction judiciaire -non administrative, le Conseil constitutionnel l’a exigé- de manifester. Pour les violeurs : fin des réductions de peine automatiques pour les crimes sexuels, traitement prioritaire du stock de plaintes avec l’objectif minimum de diviser par deux le délai entre la plainte et le jugement. Pour les violences faites aux femmes et aux enfants : juridictions spécialisées généralisées sur le modèle espagnol ; des chambres à moyens redéployés, pas une administration nouvelle, bracelet anti-rapprochement dès la première condamnation, de mille bracelets actifs aujourd’hui à trois mille, ordonnance de protection en vingt-quatre heures, éviction systématique du conjoint violent.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les casseurs, qui paieront ; les agresseurs, qui exécuteront ; le confort statistique du classement sans suite. Y gagnent : les victimes, les commerçants, les manifestants pacifiques que les casseurs déshonorent.
Pourquoi tout le monde y gagne. La certitude de la peine protège aussi celui qui ne l’a pas encore commise : elle dissuade avant de punir. Une justice qui répond à chaque fois est une justice qui a, à la fin, moins à punir.
Les chiffres. Coût : compris dans le levier « justice-police » du moteur (+2,5 milliards à terme) — juridictions spécialisées à moyens redéployés, passage de 1 000 à 3 000 bracelets anti-rapprochement. Rapport : ce qui dissuade n’est pas la sévérité affichée mais la certitude et la rapidité — l’Espagne, juridictions dédiées dès 2004, a fait baisser les féminicides. Inaction : environ 94 % des plaintes pour viol classées sans suite (IPP), des casseurs impunis, des ordonnances de protection trop tardives. Trajectoire : dépense modérée (levier justice). Concrètement : interpellation systématique des casseurs et réparation intégrale des dégâts, fin des réductions automatiques pour crimes sexuels, ordonnance de protection en 24 heures.
Proposition 34 — Une justice des mineurs qui punit réellement -et constitutionnellement
Ce qui existe. Le principe d’atténuation de la responsabilité pénale des mineurs est un verrou constitutionnel : la décision de 2002 en a fait un principe fondamental de la République, et celle du 19 juin 2025 a censuré la loi qui prétendait inverser l’excuse de minorité pour les seize-dix-huit ans récidivistes. Ceux qui promettent sa suppression promettent une censure : ils le savent.
Ce que l’on constate. La délinquance des mineurs est moins nombreuse mais plus violente et plus jeune ; de 3 à 5% des mineurs concentrent environ la moitié des faits. Et le premier acte reste trop souvent sans réponse — or c’est au premier acte que tout se joue.
Ce qui nous menace. Continuer le théâtre actuel : la surenchère verbale, la censure, le sentiment d’impunité intact — et faire ce cela un cadeau renouvelé aux extrêmes à chaque fait divers.
Ce que nous ferons. Nous emprunterons la porte que le Conseil constitutionnel a lui-même laissée ouverte. Réponse pénale systématique dès le premier acte : réparation, travail d’intérêt général adapté, encadrement -fin du classement sec. Motivation obligatoire de l’application de l’excuse de minorité pour les seize-dix-huit ans récidivistes sur les délits graves : le juge garde sa pleine liberté, mais il s’explique — c’est l’individualisation comme outil de fermeté, à la manière des Pays-Bas. Application pleine de la responsabilisation parentale validée en 2025. Et une règle d’airain : aucune peine de mineur prononcée ne restera inexécutée plus de trois mois, tableau de bord public par juridiction.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les démagogues de la suppression impossible, et le petit noyau de multirécidivistes qui prospérait sur l’absence de réponse. Y gagnent : les victimes, les mineurs eux-mêmes — arrêtés au premier acte plutôt que perdus au dixième —, et l’État de droit, qui prouve qu’on peut être ferme sans être censuré.
Pourquoi tout le monde y gagne. Le Royaume-Uni a essayé la sévérité pure : incarcération massive, environ 70% de récidive, marche arrière. La certitude précoce, elle, casse les carrières délinquantes avant qu’elles ne commencent. Punir vite et éduquer vraiment : c’est la seule fermeté qui ait jamais fonctionné.
Les chiffres. Coût : compris dans le levier justice. Rapport : la certitude précoce casse les carrières délinquantes — le Royaume-Uni a tenté la sévérité pure (70 % de récidive) et fait marche arrière. Inaction : la surenchère verbale, la censure, l’impunité intacte — un cadeau aux extrêmes à chaque fait divers. Trajectoire : dépense modérée. Concrètement : 3 à 5 % des mineurs concentrent la moitié des faits ; réponse pénale dès le premier acte, motivation de l’excuse de minorité pour les 16-18 ans récidivistes, aucune peine inexécutée plus de trois mois.
Proposition 35 — Cinquante centres éducatifs fermés, avec l’école ‘dedans’
Ce qui existe. La France compte une cinquantaine de centres éducatifs fermés. Entre le rappel à la loi qui ne pèse rien et la prison qui fabrique de la récidive, la réponse intermédiaire manque et les juges le savent, eux qui n’ont souvent le choix qu’entre trop ou trop peu.
Ce que l’on constate. Les centres actuels affichent près de 50% de récidive quand le contenu éducatif est faible ou absent. Le béton seul ne corrige personne : un centre fermé sans école est une antichambre de prison.
Ce qui nous menace. Sans alternative crédible, la pression montera pour incarcérer des mineurs ; c’est la voie britannique, dont on connaît le résultat : récidive massive, coût exorbitant, marche arrière penaude.
Ce que nous ferons. Cinquante centres éducatifs fermés supplémentaires — le parc doublé, six cents places nouvelles —, pour cent vingt-cinq millions d’euros d’investissement et environ deux cent quatre-vingts millions d’euros par an de fonctionnement pour l’ensemble du dispositif. Chaque place nouvelle sera conditionnée à un volet scolaire et professionnel obligatoire : enseignants détachés, plateaux techniques, remise à niveau. Et chaque centre sera audité sur la récidive de ses sortants à deux ans, résultat publié : un centre qui ne réinsère pas, ferme. Nous appliquons à nos propres mesures le couperet que nous promettons aux autres.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : on ne le cache pas, les mineurs concernés perdent leur liberté d’aller et venir — c’est le sens de la peine ; et les dispositifs sans résultats, qui fermeront. Y gagnent : les quartiers soulagés de leurs noyaux durs, les juges dotés d’une vraie palette, et les jeunes eux-mêmes, qui ressortent avec un niveau scolaire au lieu d’un réseau carcéral.
Pourquoi tout le monde y gagne. Un mineur réinséré, ce sont des décennies de délits évités, de victimes épargnées, de prison économisée. La punition sans école est un abandon ; l’école dans la punition est un investissement.
Les chiffres. Coût : 125 millions d’investissement et environ 280 millions par an de fonctionnement pour le doublement du parc (50 centres de plus, 600 places). Rapport : un mineur réinséré, ce sont des décennies de délits, de victimes et de prison évitées. Inaction : des centres actuels à ~50 % de récidive quand le contenu éducatif manque — le béton seul ne corrige personne. Trajectoire : dépense ciblée, auditée sur la récidive à deux ans. Concrètement : 50 centres éducatifs fermés de plus, avec l’école dedans — un centre qui ne réinsère pas ferme.
Proposition 36 — Une police mieux équipée, spécialisée, et payée pour ses heures
Ce qui existe. Des policiers et des gendarmes qui accumulent des heures supplémentaires jamais payées, des équipements et des véhicules vieillis, des commissariats indignes et une organisation qui demande à chacun de tout faire, c’est-à-dire de ne rien faire à fond. Le terreau pour les bavures, les erreurs, les suicides, les burn-outs… que sais-je encore.
Ce que l’on constate. Le temps policier est dévoré par la procédure et les tâches indues. La délinquance s’est spécialisée (stupéfiants, cybercriminalité, violences intrafamiliales, prédation sexuelle) pendant que la police restait généraliste. On n’envoie pas le même savoir-faire sur un trafic international que sur un différend de voisinage.
Ce qui nous menace. Une police démoralisée face à une criminalité professionnalisée : le rapport de forces s’inverse, le terrain se perd, et les habitants des quartiers populaires, premières victimes de l’insécurité, en paient le prix avant tous les autres.
Ce que nous ferons. Trois engagements simples. Les heures supplémentaires seront payées : un État qui ne paie pas ce qu’il doit à ses policiers n’a pas de leçons à donner. L’équipement sera remis à niveau au cours du quinquennat, du véhicule au numérique de terrain en passant par l’IA. Et la spécialisation deviendra la règle : des filières d’enquête dédiées (violences intrafamiliales, stupéfiants, cybercriminalité, pédocriminalité…) avec les carrières et les formations qui vont avec, plutôt qu’une police générique usée à tout couvrir. La procédure sera allégée et déchargée sur l’intelligence artificielle partout où elle le peut.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : la dette d’heures que l’État faisait porter à ses agents, et la bureaucratie policière qui produisait du formulaire au lieu de l’enquête. Y gagnent : les policiers et gendarmes, payés et considérés ; les victimes, face à des enquêteurs qui connaissent leur matière ; les délinquants organisés y perdent, eux, leur avance.
Pourquoi tout le monde y gagne. Une police spécialisée élucide plus, donc dissuade plus, donc intervient moins. Le respect commence par la fiche de paie ; l’efficacité, par le savoir-faire.
Les chiffres. Coût : compris dans le levier justice-police (+2,5 milliards) — heures supplémentaires payées, équipement remis à niveau. Rapport : une police spécialisée élucide plus, donc dissuade plus, donc intervient moins. Inaction : une police démoralisée et généraliste face à une criminalité professionnalisée — bavures, burn-outs, terrain perdu. Trajectoire : dépense en partie compensée par l’efficacité. Concrètement : heures supplémentaires enfin payées, filières d’enquête dédiées (stupéfiants, violences intrafamiliales, cybercriminalité), procédure allégée par l’intelligence artificielle.
Proposition 37 — Plus jamais un enfant oublié : l’intelligence artificielle au service de la protection
Ce qui existe. L’école savait. Les services sociaux savaient. L’hôpital savait. La justice savait. Chacun savait un morceau, personne ne savait tout et une petite fille nommée Lyhanna est morte dans les interstices de fichiers qui ne se parlaient pas. Son cas n’est pas isolé : il est le symptôme d’un État en silos. On parle de bavure humaine, de fautes, de graves manquements. Pointer des coupables, on sait faire. Maintenant, il faut des solutions pour que ça ne puisse plus arriver !
Ce que l’on constate. Les signaux existaient ; ils dormaient dans des bases séparées. La technologie qui les croise existe aussi. Ce qui manque n’est jamais technique : c’est une décision, une doctrine, et le courage d’affronter les cloisonnements administratifs.
Ce qui nous menace. D’autres Lyhanna. Chaque année où les fichiers s’ignorent, des enfants en danger restent invisibles alors que toutes les pièces du puzzle sont déjà dans les mains de l’État.
Ce que nous ferons. Un système national de croisement des signalements -école, aide sociale à l’enfance, hôpital, police, justice- porté par une intelligence artificielle souveraine, développée avec les champions français du domaine, qui alerte un humain dès que des signaux convergent sur un même enfant ou que des faisceaux concordants visent un même présumé coupable. Décision humaine toujours ; cécité administrative jamais. Et un garde-fou gravé dans la loi : ce système servira à protéger les personnes, pas à surveiller la population : finalités limitées, contrôle indépendant, protection verrouillée contre tout détournement politique futur. Pas de 1984 mais des vies sauvées.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les féodalités administratives qui régnaient chacune sur son fichier, et les maltraitants que le cloisonnement protégeait. Y gagnent : les enfants en danger, les travailleurs sociaux et les enseignants enfin entendus, les juges éclairés à temps.
Pourquoi tout le monde y gagne. L’État dépense déjà tout l’argent nécessaire pour savoir ; il lui manque seulement de relier ce qu’il sait. C’est la réforme au rapport le plus bouleversant de ce livre : quelques fichiers connectés, des vies d’enfants sauvées. Qu’aucune petite Lyhanna ne soit plus jamais oubliée.
Les chiffres. Coût : faible — le croisement de fichiers qui existent déjà. Rapport : le rapport le plus bouleversant du livre — quelques fichiers connectés, des vies d’enfants sauvées. Inaction : d’autres Lyhanna, mortes dans les interstices de bases qui ne se parlent pas, alors que l’État avait déjà toutes les pièces du puzzle. Trajectoire : marginal pour la dette. Concrètement : croisement école-aide sociale-hôpital-police-justice, alerte à un humain dès que les signaux convergent, garde-fou gravé dans la loi contre toute dérive de surveillance.
Proposition 74 — Légaliser le cannabis, le taxer, et flécher chaque euro contre les trafics
Ce qui existe. Cinquante ans de prohibition, des millions de consommateurs, des points de deal dans chaque ville, des mineurs employés comme guetteurs, et des forces de l’ordre épuisées à poursuivre des fumeurs pendant que les réseaux prospèrent. La France a la législation la plus dure d’Europe occidentale tout en maintenant l’une des consommations les plus élevées du continent.
Ce que l’on constate. La prohibition du cannabis a échoué en tout : ni la consommation n’a baissé, ni les trafics n’ont reculé, ni les quartiers n’ont été protégés. Elle offre aux réseaux un marché captif de plusieurs milliards et aux adolescents des banlieues un « commerce d’opportunité » qui les happe avant le premier emploi. Des usagers simples encombrent les tribunaux quand des violeurs attendent leur procès : nous marchons sur la tête.
Ce qui nous menace. La poursuite de l’absurde : des moyens publics dilapidés sur la mauvaise cible, des générations de jeunes criminalisées pour rien, et des réseaux toujours plus riches qui réinvestissent dans les drogues dures et la corruption.
Ce que nous ferons. Légaliser le cannabis et l’herbe : production licite et tracée -une filière agricole française. La vente régulée, interdiction stricte aux mineurs (cf tabac), prévention massive — exactement la règle que nous appliquons au tabac et à l’alcool : mineurs protégés, étiquetage-vérité, publicité encadrée, taxe fléchée vers la prévention, et objectif assumé de baisse de la consommation (proposition 139). Taxation à bonne hauteur, et chaque euro de cette taxe fléché, par une loi, vers la lutte contre le grand banditisme et les drogues dures. Avec une lucidité de méthode que nos voisins nous ont apprise : les Pays-Bas, qui ont toléré la vente sans légaliser la production, ont offert cette production au crime organisé — nous légaliserons donc toute la chaîne, du champ au comptoir, comme l’ont fait le Canada et désormais l’Allemagne. À ceux qui s’indigneront, nous répondrons par une question : préférez-vous que ces milliards financent la République ou les réseaux ?
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les trafiquants, privés de leur produit d’appel et de leur trésorerie ; et les guetteurs de quinze ans, privés d’un « métier » qui les détruisait et c’est une perte que nous revendiquons. Y gagnent : les quartiers libérés des points de deal, la police recentrée sur ce qui compte, la santé publique (un produit contrôlé plutôt que coupé), l’agriculture française, et le contribuable.
Pourquoi tout le monde y gagne. C’est le même raisonnement que tout ce livre : mettre l’argent et la force là où ils produisent. Un marché de plusieurs milliards sort de l’ombre, finance sa propre régulation et arme la guerre contre les vrais ennemis. La fermeté n’est pas dans la posture ; elle est dans le résultat.
Les chiffres. Coût : la régulation et la prévention, nettes dans le chiffre. Rapport : +2,5 milliards de recettes nettes à terme (fourchette CAE/OFDT : 2 à 3,2), fléchées par la loi vers la lutte contre le grand banditisme et les drogues dures. Inaction : la législation la plus dure d’Europe pour l’une des consommations les plus élevées — un marché de plusieurs milliards laissé au crime, des mineurs employés comme guetteurs. Trajectoire : +2,5 milliards de recettes (levier cannabis). Concrètement : une filière française tracée du champ au comptoir (modèle Canada/Allemagne, pas Pays-Bas), vente régulée interdite aux mineurs.
Proposition 75 — La traque, la vraie : contre les pourvoyeurs de drogues dures
Ce qui existe. La cocaïne arrive par tonnes dans nos ports, le crack ravage des rues entières, la méthamphétamine progresse, et les organisations criminelles mondialisées (celles qui corrompent dockers, agents et élus) disposent de moyens supérieurs à ceux des services qui les combattent.
Ce que l’on constate. Pendant que la puissance publique comptait les fumeurs de joints, le narcotrafic a changé d’échelle : il achète des ports, des silences et des vies. Les règlements de comptes tombent jusque dans les villes moyennes.
Ce qui nous menace. Ce que vivent déjà certains voisins : l’argent de la drogue qui s’infiltre dans l’économie légale, l’intimidation qui fait reculer l’État et les prémices d’un « narco-État ». C’est précisément pour l’éviter que la légalisation du cannabis ne sera jamais celle de la cocaïne, de l’héroïne, de la méthamphétamine ou du crack : sur celles-là, ce sera la guerre.
Ce que nous ferons. Tout se fera en concertation avec nos partenaires Européens qui eux-aussi, devront passer à la vitesse supérieure dans cette lutte continentale ! Chez nous, il nous faudra concentrer la force libérée par la légalisation : moyens d’enquête financiers massifs -c’est le portefeuille qui tue les réseaux, pas le flagrant délit- contrôle souverain des ports (scanners systématiques, criblage des personnels, rotation des équipes exposées), juridictions spécialisées, saisies et confiscations élargies des patrimoines, coopération européenne du renseignement criminel via le noyau du chapitre XVII, et protection renforcée des repentis, des enquêteurs et des élus menacés.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les organisations criminelles, attaquées simultanément sur leur marché d’appel (légalisé), leur logistique (les ports) et leur argent (les saisies). Y gagnent : les quartiers, les dockers honnêtes, les institutions, et les toxicomanes eux-mêmes -traités en malades à soigner, non en marché à exploiter.
Pourquoi tout le monde y gagne. Un État qui choisit ses guerres les gagne. En cessant la fausse guerre au cannabis, nous finançons la vraie — celle qui protège la République de ce qui pourrait, demain, la corrompre en profondeur.
Les chiffres. Coût : financé par la taxe sur le cannabis — la hausse de moyens est comptée dans le levier justice, sans dépense nouvelle nette. Rapport : c’est l’argent qui tue les réseaux (enquêtes financières, saisies de patrimoines), pas le flagrant délit. Inaction : les prémices d’un narco-État — la cocaïne par tonnes, l’argent dans l’économie légale, l’intimidation des élus jusque dans les villes moyennes. Trajectoire : redéploiement de la force libérée par la légalisation du cannabis. Concrètement : scanners systématiques des ports, criblage des personnels, saisies de patrimoines, coopération européenne, protection des repentis et des élus menacés.
La prison est le maillon où échouent toutes les autres politiques de sécurité : on y entasse sans trier, on y radicalise sans suivre, on en sort sans préparer. Une règle ordonne tout ce qui suit : la peine se mesure au danger, jamais à l’habitude — la cellule pour qui menace, autre chose pour les autres, et la réinsertion pour que la peine ne recommence pas.
Proposition 87 — Désengorger sans désarmer : la bonne peine au bon détenu
Ce qui existe. Près de quatre-vingt-neuf mille détenus pour soixante-trois mille places : une densité de 139 %, plus de sept mille cinq cents matelas posés à même le sol, des surveillants à bout. La France a été condamnée pour ses conditions de détention, et chaque année la population croît plus vite (+6%) que les places qu’on construit (1,5%).
Ce que l’on constate. Le plan de quinze mille places, sept ans après son lancement, n’en a livré qu’un tiers. Et l’on continue d’envoyer en maison d’arrêt, pour quelques semaines, des condamnés que la prison ne corrige pas mais abime, enfonce, aggrave : la courte peine sèche est une fabrique à récidive, et elle occupe de la place en cellule qu’il faudrait aux plus dangereux.
Ce qui nous menace. Une spirale connue : la surpopulation rend la détention indigne, l’indignité nourrit la violence et la radicalisation, et l’État finit condamné pour ce qu’il inflige autant que pour ce qu’il punit.
Ce que nous ferons. Deux leviers, et une règle. Construire vite et moins cher : des établissements modulaires livrés en dix-huit mois plutôt qu’en sept ans, là où le besoin est criant. Réduire le flux qui ne doit pas y être : pour le bas du spectre non dangereux (courtes peines, primo-délinquants) des alternatives fermes qui coûtent dix fois moins qu’une cellule et récidivent moins lorsqu’elles sont suivies : bracelet, travail d’intérêt général réellement exécuté, probation intensive, semi-liberté. La légalisation du cannabis (proposition 74) libérera de surcroît une part des 17,7 % de détenus incarcérés pour stupéfiants. Et la règle qui ordonne tout : la prison pour qui est dangereux, autre chose pour les autres -la peine se mesure au risque, pas à l’habitude.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : le réflexe du tout-carcéral, et le confort de croire qu’une cellule de plus vaut une politique. Y gagnent : les surveillants, qui retrouvent des conditions tenables ; le contribuable, qui cesse de payer jusqu’à 47 000 euros par an une détention qui aggrave ; et la sécurité elle-même, mieux servie par un dangereux bien gardé que par dix petits délinquants mal punis.
Pourquoi tout le monde y gagne. Une prison désengorgée est une prison qui peut enfin faire son métier : tenir les dangereux, réinsérer les autres. Le désengorgement n’est pas une faveur aux délinquants ; c’est la condition pour que la peine, enfin, serve à quelque chose.
Les chiffres. Coût : des places modulaires (3 000 livrables en 18 mois, contre sept ans pour du traditionnel) ; réduire le flux coûte moins que la cellule — 32 000 à 47 000 € par détenu et par an (budget pénitentiaire ~5,24 milliards). Rapport : pour le bas du spectre non dangereux, des alternatives dix fois moins chères qu’une cellule et qui récidivent moins. Inaction : 88 654 détenus pour 63 353 places (139 %), 7 500 matelas au sol, un État condamné pour ses conditions de détention. Trajectoire : maîtrise de la dépense pénitentiaire. Concrètement : la prison pour les dangereux, le bracelet, le travail d’intérêt général et la probation pour les autres — la légalisation du cannabis libérant une part des 17,7 % incarcérés pour stupéfiants.
Proposition 88 — Réinsérer par le travail et l’école : la peine qui ne recommence pas
Ce qui existe. Un tiers des sortants de prison récidive dans l’année, près des deux tiers dans les cinq ans. La détention occupe, surveille, parfois punit, mais elle prépare rarement la sortie. Et la sortie non préparée, ramène en cellule.
Ce que l’on constate. Un chiffre devrait clore le débat : la récidive à cinq ans tombe de 59 à 7% lorsque le sortant a été réellement accompagné (travail, formation, logement, soin). Le travail en détention n’est pas une faveur faite au détenu : c’est l’investissement le plus rentable de toute la politique pénale.
Ce qui nous menace. Continuer à libérer chaque année des dizaines de milliers de personnes sans métier, sans diplôme, sans toit et sans soin, et s’étonner qu’elles reviennent, avec de nouvelles victimes derrière elles.
Ce que nous ferons. Faire du travail et de l’école la règle de la détention, non l’exception. Généraliser les ateliers et les entreprises en prison (sur le modèle des établissements tournés vers l’emploi), l’enseignement et la remise à niveau, la prise en charge des addictions, et préparer la sortie dès l’entrée : pas de libération sans solution de logement et de suivi. Chaque établissement sera audité sur la récidive de ses sortants à deux ans, résultat publié : ce que nous exigeons des centres pour mineurs (proposition 35), nous l’exigeons de la prison adulte. Et le détenu qui travaille indemnisera ses victimes : la réparation fait partie de la peine.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : l’idée que la prison n’a qu’à enfermer, et l’oisiveté qui fait le lit de la violence et du prosélytisme. Y gagnent : les victimes futures qui n’existeront pas, les détenus rendus à une vie, et le contribuable — car chaque récidive évitée vaut une enquête, un procès et une cellule économisés.
Pourquoi tout le monde y gagne. La fermeté ne s’arrête pas à la porte de la cellule : elle s’y prolonge en exigence de réinsertion. Punir sans préparer la sortie, c’est programmer la prochaine victime. Réinsérer, c’est la seule sévérité qui protège durablement.
Les chiffres. Coût : le travail et la formation en détention, modéré. Rapport : la récidive à cinq ans tombe de 59 % à 7 % avec un accompagnement réel — la prévention la moins chère qui existe. Inaction : un tiers de récidive dans l’année, deux tiers à cinq ans, et de nouvelles victimes derrière. Trajectoire : chaque récidive évitée vaut une enquête, un procès et une cellule économisés. Concrètement : travail et école la règle, audit de la récidive à deux ans, réparation des victimes par le détenu qui travaille.
Proposition 89 — Haute sécurité : casser les réseaux pilotés depuis la cellule
Ce qui existe. En mai 2024, un fourgon pénitentiaire est mitraillé à un péage de l’Eure : deux surveillants tués, un narcotrafiquant en cavale. L’affaire a révélé ce que les professionnels savaient : nos prisons ordinaires ne sont pas faites pour les parrains de la criminalité organisée qui continuent, depuis leur cellule, à diriger leurs trafics par téléphone.
Ce que l’on constate. Le grand banditisme et le narcotrafic mondialisé ne produisent pas des délinquants comme les autres : ils disposent d’argent, d’armes, de complicités, et d’une logistique capable d’organiser une évasion sanglante ou de corrompre un agent. Les traiter dans le régime commun, c’est offrir au crime organisé une base arrière au cœur de l’État.
Ce qui nous menace. Des prisons qui deviennent des centres de commandement et de recrutement du trafic, des évasions qui humilient la République, et des personnels exposés faute de moyens à la hauteur.
Ce que nous ferons. Un régime de haute sécurité dédié aux têtes de réseau, sur le modèle de l’établissement de Vendin-le-Vieil : quartiers spécialisés, fouilles et surveillance renforcées, brouillage effectif des communications (couper le fil qui relie la cellule au trafic). Les transfèrements à risque seront supprimés autant que possible par la généralisation des audiences en visioconférence, et sécurisés par des convois renforcés quand ils sont inévitables : on ne déplacera plus un narcotrafiquant de premier plan sur une autoroute ouverte. Et les patrimoines criminels seront saisis et confisqués sans relâche : c’est l’argent qui tue les réseaux. Cette proposition est en lien direct avec la guerre aux drogues dures de la proposition 75.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les parrains qui régnaient sur leur trafic depuis leur cellule, et les complicités qui prospéraient sur la faiblesse du régime commun. Y gagnent : les surveillants, enfin protégés ; l’autorité de l’État, qui cesse d’être défiée ; et les quartiers, débarrassés de chefs que la prison ne neutralisait qu’à moitié.
Pourquoi tout le monde y gagne. Une poignée de détenus très dangereux concentre l’essentiel du risque carcéral. Les isoler vraiment, c’est rendre l’ensemble du système plus sûr — pour les personnels, pour les autres détenus, et pour le pays que ces réseaux menacent.
Les chiffres. Coût : des quartiers de haute sécurité, le brouillage des communications, les audiences en visioconférence — un investissement ciblé (levier justice). Rapport : une poignée de détenus très dangereux concentre l’essentiel du risque ; les isoler sécurise tout le système. Inaction : Amra, mai 2024 — un fourgon mitraillé, deux surveillants tués, et des trafics pilotés depuis la cellule. Trajectoire : dépense ciblée. Concrètement : modèle Vendin-le-Vieil, communications coupées, transfèrements supprimés par la visioconférence, patrimoines saisis.
Proposition 90 — La prison n’est pas une école du djihad : évaluer, isoler, ne jamais lâcher à la sortie
Ce qui existe. Plus de quatre cents détenus pour terrorisme islamiste, et plus de cinq cents détenus de droit commun repérés comme radicalisés, se côtoient dans nos prisons : où le prosélytisme trouve un public captif. Chaque année, certains sortent ; leur suivi se perd parfois entre l’administration pénitentiaire et le renseignement.
Ce que l’on constate. La prison est, partout en Europe, l’un des premiers lieux de radicalisation : le désœuvrement, la promiscuité, la quête de sens et la présence de recruteurs aguerris en font un terreau. Laisser un prédicateur radical au contact de jeunes détenus fragiles, c’est fabriquer les terroristes de demain à nos propres frais.
Ce qui nous menace. Le scénario que nous connaissons déjà : un sortant radicalisé, mal suivi, qui passe à l’acte et l’enquête qui révèle, après coup, que tout était su.
Ce que nous ferons. Généraliser l’évaluation systématique de la radicalisation à l’entrée et en cours de peine -les quartiers d’évaluation-, isoler les profils radicalisés du reste de la population pour briser le prosélytisme, et leur appliquer un régime dédié de prise en charge. Surtout, ne jamais lâcher à la sortie : chaque libération de détenu terroriste ou radicalisé sera anticipée des mois à l’avance, avec passage de relais formel au renseignement, inscription et mise à jour des fichiers de suivi, et mesures de contrôle administratif quand elles sont justifiées. Le fiché S dangereux ne disparaît pas dans la nature le jour où la grille s’ouvre.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les recruteurs, privés de leur public captif ; et la négligence administrative qui laissait filer les sortants. Y gagnent : les détenus de droit commun, soustraits à l’emprise ; les services, qui ne découvrent plus un dossier le lendemain d’un attentat ; et tous les Français.
Pourquoi tout le monde y gagne. La radicalisation carcérale est un risque que l’on réduit par la méthode : évaluer, séparer, suivre. Ce n’est ni une loi d’émotion ni une rafle — c’est du renseignement pénitentiaire fait sérieusement, du premier jour de détention au dernier jour de surveillance.
Les chiffres. Coût : l’évaluation et le suivi, compris dans le levier justice et le renseignement. Rapport : on réduit le risque par la méthode — évaluer, isoler, suivre. Inaction : un sortant radicalisé mal suivi qui passe à l’acte, et l’enquête qui révèle après coup que tout était su. Trajectoire : marginal pour la dette, sécurité majeure. Concrètement : 418 détenus terroristes et 540 radicalisés évalués en quartiers dédiés et isolés, libérations anticipées avec passage de relais au renseignement — on ne lâche pas le fiché S à la sortie.
Proposition 91 — Crimes sexuels sur enfants : la sûreté après la peine
Ce qui existe. Pour les pires crimes -le viol d’enfant, la peine s’achève un jour, et le condamné sort. La castration chimique, ce traitement qui réduit les pulsions et dont les effets cessent à l’arrêt, n’existe aujourd’hui qu’au titre d’une injonction de soins acceptée : le droit pose que nul ne peut être contraint à un traitement médical.
Ce que l’on constate. Une part de ces criminels récidive, et leurs victimes sont des enfants. Le suivi socio-judiciaire et la surveillance de sûreté existent, mais on ne les mobilise pas assez ; et la société oscille entre deux impasses -l’angélisme qui relâche sans précaution, et le pilori qui croit punir en humiliant.
Ce qui nous menace. Un enfant violé par un homme qu’on savait dangereux et qu’on a laissé sortir sans filet. Aucune statistique ne console de cela.
Ce que nous ferons. Pousser la sûreté aussi loin que le droit le permet et le faire bouger s’il le faut. Le traitement inhibiteur de pulsions deviendra la condition de toute sortie aménagée pour les criminels sexuels sur mineurs les plus dangereux : qui le refuse exécute sa peine jusqu’au bout, et reste à l’issue sous surveillance de sûreté (bracelet, soins, contrôle : la totale). Nous assumons d’aller au bord du verrou constitutionnel, et de proposer, si la censure venait, la révision qui l’autorise : entre le principe abstrait du consentement et la chair d’un enfant, nous avons choisi. Mais jamais le traitement seul, qui ne suffit pas : il ira toujours avec une prise en charge psychologique, car la violence sexuelle est une question de pouvoir autant que d’hormones. Et nous écartons le blâme public à l’américaine, parce qu’il ne protège pas (il pousse l’agresseur dans la clandestinité et nourrit la vendetta !). À sa place, l’outil qui marche : un fichier confidentiel robuste des auteurs d’infractions sexuelles, et un contrôle d’antécédents obligatoire et opposable pour tout métier au contact d’enfants (école, sport, périscolaire, soin, colonies, crêches…).
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les criminels sexuels, dont la sortie cesse d’être un droit sans condition ; et l’illusion que la publicité-spectacle protège. Y gagnent : les enfants, d’abord et avant tout ; et les familles, qui sauront que l’État a mis la sûreté avant le confort doctrinal.
Pourquoi tout le monde y gagne. La protection de l’enfance justifie qu’on aille jusqu’à la limite du droit, et qu’on demande au peuple souverain de la déplacer s’il le faut. Mais elle commande aussi de choisir ce qui marche (le soin contraignant et le contrôle ciblé) contre ce qui défoule sans protéger. Fermes sur le résultat, jamais sur le théâtre.
Les chiffres. Coût : la surveillance de sûreté et les soins, compris dans le levier justice. Rapport : la protection des enfants — un fichier confidentiel et un contrôle d’antécédents ciblés (efficaces) plutôt qu’un pilori public (contre-productif). Inaction : un enfant violé par un homme qu’on savait dangereux et qu’on a laissé sortir sans filet. Trajectoire : dépense ciblée. Concrètement : traitement inhibiteur de pulsions comme condition de toute sortie aménagée des plus dangereux — jamais seul, révision constitutionnelle proposée si censure ; contrôle d’antécédents opposable pour tout métier au contact d’enfants.
Proposition 92 — L’irresponsabilité pénale n’est pas l’impunité
Ce qui existe. Un auteur dont le discernement était aboli au moment des faits peut être déclaré pénalement irresponsable : il n’est pas jugé, et l’affaire s’arrête souvent là (sans procès, sans verdict, parfois sans soin sécurisé à la hauteur du danger). L’affaire qui a indigné le pays (un meurtre antisémite suivi d’une irresponsabilité tirée d’une intoxication volontaire) a montré le malaise.
Ce que l’on constate. Deux risques symétriques. Que l’expertise psychiatrique, faite par un seul homme et contestée par un autre, serve à effacer une responsabilité que les faits désignent. Ou, à l’inverse, qu’« irresponsable » devienne un mot qui libère, alors que le malade dangereux devrait être soigné sous contrainte et non relâché. La loi de 2022 a commencé à fermer la porte de l’intoxication volontaire ; il faut aller au bout.
Ce qui nous menace. Des victimes privées de procès et de vérité, des familles qui n’entendent jamais nommer ce qui leur est arrivé, et des malades dangereux rendus à la rue faute d’un cadre de soin sûr.
Ce que nous ferons. Trois principes. L’expertise sera collégiale et contradictoire pour les faits les plus graves — plusieurs experts, le débat ouvert —, afin que l’irresponsabilité se constate et ne se négocie pas. Même lorsqu’elle est reconnue, une audience établira publiquement les faits, pour la victime et pour la mémoire de ce qui s’est passé. Et l’irresponsabilité n’ouvrira jamais la porte : le malade dangereux sera pris en charge en unité pour malades difficiles, sous contrôle régulier, aussi longtemps que dure le danger. Soigner n’est pas relâcher.
Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : l’expertise solitaire et l’usage de la psychiatrie comme échappatoire ; et l’idée qu’un malade dangereux n’est l’affaire de personne. Y gagnent : les victimes, qui obtiennent un procès des faits ; les malades eux-mêmes, soignés au lieu d’être abandonnés ; et la confiance dans une justice qui ne s’arrête pas au seuil de l’asile.
Pourquoi tout le monde y gagne. Reconnaître la maladie sans abandonner la sûreté, c’est tenir les deux bouts : l’humanité du soin et la protection de tous. L’irresponsabilité dit qu’on ne punit pas un malade ; elle ne dit pas qu’on le laisse libre de recommencer.
Les chiffres. Coût : des expertises collégiales et des unités pour malades difficiles — un investissement de soin sécurisé. Rapport : une justice qui ne s’arrête pas au seuil de l’asile, et un procès des faits rendu aux victimes. Inaction : des malades dangereux relâchés, des familles privées de vérité (le meurtre antisémite suivi d’une irresponsabilité tirée d’une intoxication volontaire). Trajectoire : dépense ciblée. Concrètement : expertise collégiale et contradictoire, audience établissant les faits même en cas d’irresponsabilité, prise en charge sous contrainte tant que dure le danger.