Pour nos enfants — le programme intégral

PREMIÈRE PARTIE — INSTRUIRE, SOIGNER, UNIR

CHAPITRE II — LA FAMILLE ET LA NATALITÉ : MONTRER UN BEL AVENIR

Une nation qui cesse de faire des enfants est une nation qui cesse de croire en son avenir. Tout ce livre repose sur un pari démographique -les retraites, la croissance, l’école, et nous n’avions pas encore dit comment infléchir la courbe. La fécondité française est tombée à 1,56 enfant par femme, le plus bas depuis 1919 ; les décès l’emportent désormais sur les naissances chaque année ; la population atteindra son maximum vers 2037 avant de décliner. Nous refusons deux impasses : le natalisme réactionnaire qui renvoie les femmes au foyer -et qui n’a jamais fonctionné- et le déni qui feint de ne rien voir. Notre voie est la seule que les faits valident : rendre possible d’être mère et libre, et redonner à la jeunesse des raisons de croire en demain.

Proposition 99 — Faire de la natalité une cause nationale — par la liberté, jamais par la contrainte

Ce qui existe. La France fut longtemps l’exception féconde de l’Europe. Cette exception est finie : 1,56 enfant par femme en 2025, le plus bas depuis 1919, et un solde naturel désormais négatif ; plus de cercueils que de berceaux.

Ce que l’on constate. Deux écoles s’affrontent et échouent ensemble. Le natalisme réactionnaire, qui rêve de renvoyer les femmes au foyer : il n’a jamais marché — toutes les primes françaises de 1945 à 1985 n’ont relevé la fécondité que de 0,15 enfant par femme. Et le déni, qui refuse de voir qu’une société sans enfants vieillit, cesse de créer de la valeur, et devient dépendante d’une immigration qu’elle n’a pas choisie qu’elle refuse par ailleurs massivement !

Ce qui nous menace. Le déclin programmé : pic de population vers 2037, puis une France qui rétrécit, des actifs toujours moins nombreux pour des retraités toujours plus âgés — les trois chocs du chapitre VIII, aggravés à la racine.

Ce que nous ferons. Faire de la natalité une cause nationale, et dire d’emblée la méthode : par la liberté, jamais par la contrainte. Nous ne paierons pas les Français pour enfanter mais nous lèverons, un par un, les obstacles qui les en dissuadent : la double peine des femmes, la précarité des jeunes, le logement, l’angoisse de l’avenir. L’État ne fera pas d’enfants à la place des couples ; il fera en sorte que ceux qui en veulent puissent en avoir. C’est une politique de moyens, pas d’injonction.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les nostalgiques de la femme au foyer, et les autruches qui nient le vieillissement. Y gagnent : les couples qui désirent des enfants et y renoncent par contrainte ; et la nation entière, dont l’avenir se joue dans ses berceaux.

Pourquoi tout le monde y gagne. Une natalité fondée sur la liberté des femmes n’est pas l’ennemie du progrès : elle en est la preuve. Et elle retire à l’extrême droite son arme préférée car la dénatalité est française avant d’être une affaire d’origines, et c’est en faisant à nouveau envie d’avenir qu’on la renverse, non en désignant des boucs émissaires.

Les chiffres. Coût : nul en propre — une doctrine (la liberté, jamais la prime). Rapport : le levier le plus en amont de tout — retraites, croissance, école — et l’arme du « Grand Remplacement » désamorcée, la dénatalité étant française avant d’être une affaire d’origines. Inaction : fécondité tombée à 1,56 (plus bas depuis 1919), solde naturel négatif, pic de population vers 2037 puis déclin — les trois chocs du chapitre VIII aggravés à la racine. Trajectoire : neutre ici ; et disons-le, la natalité est un pari de long terme — un enfant né en 2027 n’entre dans la vie active que vers 2047 : sur l’horizon du livre, c’est un coût, pas un gain. Concrètement : toutes les primes natalistes de 1945 à 1985 n’ont relevé la fécondité que de 0,15 enfant par femme — la preuve, par l’échec, que l’argent ne fait pas les berceaux.

Proposition 100 — Mère ET active : la conciliation comme politique, pas comme slogan

Ce qui existe. Dans les faits, une Française doit encore trop souvent choisir : sa carrière ou ses enfants. Les modes de garde manquent, le congé parental reste pris à 99 % par les mères, et l’aménagement du travail dépend du bon vouloir d’un employeur pas toujours progressiste !

Ce que l’on constate. Les pays qui ont enrayé la chute de la fécondité sont ceux qui ont rendu compatibles le travail et la maternité : crèches accessibles, pères qui prennent leur part, entreprises qui s’adaptent. La donnée est solide -c’est l’accueil du jeune enfant, bien plus que les primes, qui explique les écarts de fécondité entre pays riches.

Ce qui nous menace. Tant que faire un enfant signifie, pour une femme, mettre sa carrière en pause et sa charge mentale au maximum, beaucoup repousseront puis renonceront, le temps biologique ne se rattrapant pas.

Ce que nous ferons. Mettre la place des femmes au cœur de la politique du travail, pour de vrai. Un service public de la petite enfance : des places de crèche en nombre, objectif chiffré et audité, priorité aux territoires qui en manquent. Un congé parental réellement partagé, avec une part réservée au second parent qui se perd s’il ne la prend pas : c’est ainsi que les pays du Nord ont rééquilibré la charge. L’aménagement du travail des parents de jeunes enfants inscrit dans la loi, et non suspendu au post-it d’une direction des ressources humaines. Et l’exemplarité de l’État employeur, qui montrera la voie avant de l’exiger des autres.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : la vieille organisation du travail qui faisait porter l’enfant à la seule mère, et le confort des employeurs qui s’en lavaient les mains. Y gagnent : les femmes, qui cessent d’arbitrer entre être mère et exister professionnellement ; les pères, rendus à leurs enfants ; et les entreprises, qui retiennent des talents qu’elles perdaient.

Pourquoi tout le monde y gagne. Quand être mère cesse de coûter une carrière, on fait plus d’enfants et de meilleures carrières. C’est le seul levier dont la science soit sûre : changer non le portefeuille, mais l’organisation. Un changement de société, pas une aumône.

Les chiffres. Coût : réel — un service public de la petite enfance, de l’ordre de 3 milliards par an pour combler le manque de places (~200 000) et les ~10 000 professionnels manquants ; financé d’abord par réorientation de la politique familiale existante (la France met déjà ~66 milliards, 2,25 % du PIB — trop en transferts monétaires, pas assez en services). Rapport : le seul levier de fécondité prouvé dans les pays riches — l’accueil du jeune enfant, bien plus que les primes. Inaction : une fécondité qui s’effondre, et le temps biologique qui ne se rattrape pas. Trajectoire : dépense réelle, en partie redéploiement ; rendement démographique au-delà de l’horizon du moteur. Concrètement : la natalité ne coûte pas plus, elle coûte mieux — un euro de crèche pèse, pour la fécondité, davantage que dix euros de prime.

Proposition 101 — Lever les freins des jeunes : sans sécurité, pas d’enfants

Ce qui existe. On demande aux jeunes de faire des enfants au moment précis où tout leur dit d’attendre : études qui s’allongent, premiers salaires écrasés, emplois menacés par l’automatisation, logement inaccessible dans les villes où sont les emplois. Peu ou pas de structures d’accueil pour les bébés (crèches).

Ce que l’on constate. On ne fonde pas une famille sur du sable. Le désir d’enfant ne s’effondre pas par égoïsme : il recule devant l’insécurité — un contrat précaire, un studio hors de prix, un avenir illisible. La natalité est, au fond, un baromètre de la confiance.

Ce qui nous menace. Une génération qui voudrait des enfants mais n’ose pas — et qui, à force de reporter, n’en aura pas. Le renoncement par prudence est le plus irréversible de tous.

Ce que nous ferons. Donner aux jeunes le socle sans lequel aucune politique familiale ne tient. La sécurité économique d’abord : l’emploi et les salaires d’entrée (chapitre VI), le logement des jeunes ménages (chapitre X) traités comme une priorité nationale. Et, en complément seulement — car ils ne suffisent jamais seuls —, des coups de pouce ciblés aux grandes transformations de la vie de famille : aides au passage à un logement plus grand, à un véhicule familial, allègements pour les jeunes parents. Non pour acheter des naissances, mais pour lever le dernier obstacle quand le désir, lui, est déjà là.

Qui y perd, qui y gagne. Y perd : l’idée que la natalité se décrète d’en haut, sans toucher à la condition réelle des jeunes. Y gagnent : les jeunes couples, sécurisés ; et le pays, qui transforme une angoisse de l’avenir en projet de famille.

Pourquoi tout le monde y gagne. Un jeune qui se sent en sécurité fait des enfants ; un jeune qui a peur les remet à plus tard, c’est-à-dire à jamais. Sécuriser la jeunesse, c’est la politique familiale la plus efficace qui soit — et elle profite à tout le reste.

Les chiffres. Coût : l’essentiel est déjà compté aux chapitres VI (emploi, salaires) et X (logement) ; les coups de pouce aux grandes transformations (logement plus grand, véhicule familial) sont un complément ciblé et modéré. Rapport : la sécurité économique lève le frein numéro un au désir d’enfant. Inaction : le renoncement par prudence — le plus irréversible de tous, car le temps biologique ne se rattrape pas. Trajectoire : complément modéré, le gros étant compté ailleurs. Concrètement : la natalité est un baromètre de la confiance — on ne fonde pas une famille sur un contrat précaire et un studio hors de prix.

Proposition 102 — Rendre l’avenir désirable : apaiser, éduquer, transmettre l’enjeu

Ce qui existe. Une génération grandit dans l’anxiété -du climat, de l’intelligence artificielle, du déclassement ou de la guerre, et dans un rapport au couple et à l’intime devenu compliqué. Le désir d’enfant suppose une confiance en l’avenir que l’époque abîme.

Ce que l’on constate. On ne fait pas d’enfants quand on croit le monde fini. Et la relation à l’autre s’est tendue : la juste exigence du consentement, après des décennies d’abus enfin nommés, a parfois viré, chez les plus jeunes, en défiance généralisée — jusqu’au sein du couple. Rappeler que le respect et le désir ne s’opposent pas n’est pas un retour en arrière : c’est la condition d’une vie intime apaisée.

Ce qui nous menace. Une jeunesse qui ne se projette plus -ni dans l’avenir, ni dans l’autre-, et une dénatalité qui s’enracine dans le découragement plutôt que dans le calcul pendant qu’un obscurantisme s’installe aussi autour de tout ce qui touche à la sexualité devenue « sale » chez les plus jeunes !

Ce que nous ferons. Rendre l’avenir à nouveau désirable, par le récit autant que par les actes. Une éducation à la vie relationnelle et sexuelle apaisée, où le consentement s’enseigne comme une grammaire commune et non comme le procès d’un sexe par l’autre. La pédagogie de l’enjeu, dite franchement aux quinze-vingt-cinq ans : que l’avenir du pays, de ses retraites, de son modèle, repose aussi sur eux — non comme un fardeau, mais comme une responsabilité qui rend fier. Et, partout dans ce livre, des raisons concrètes d’espérer : c’est la somme des autres chapitres — l’école, le travail, la sécurité, l’Europe puissance — qui redonne le goût de l’avenir, donc des enfants. Coincées entre \#metoo et les montées des radicalismes religieux, la génération Z et pire encore l’Alpha, trimballent un nombre inqualifiable de façons de se définir ou non sexuellement tout en étant dans le même temps pétrifiés face à l’acte sexuel banal… l’Etat ne peut pas se glisser dans les draps des Français, mais peut-être que l’école a là encore un rôle, adossé à la laïcité, à prendre, en enseignant la sexualité sans tabous ? Nous le verrons bien.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : le catastrophisme qui paralyse, et le découragement érigé en lucidité. Y gagnent : les jeunes, à qui l’on rend une perspective ; et la société, qui cesse de se raconter sa propre fin.

Pourquoi tout le monde y gagne. On ne fait pas d’enfants par devoir, mais par espérance. Une nation qui redonne à sa jeunesse le goût de l’avenir a déjà fait l’essentiel de sa politique familiale — le reste suit, parce que la confiance est contagieuse.

Les chiffres. Coût : marginal — une éducation à la vie relationnelle et une pédagogie de l’enjeu, sans dépense propre. Rapport : rendre l’avenir désirable, sans quoi aucune prime ne fonctionne ; c’est la somme des autres chapitres (école, travail, sécurité, Europe) qui redonne le goût de l’avenir. Inaction : une jeunesse qui ne se projette plus, et une dénatalité de découragement plutôt que de calcul. Trajectoire : marginal pour la dette. Concrètement : le consentement enseigné comme une grammaire commune — non comme le procès d’un sexe par l’autre — et l’enjeu démographique dit franchement aux 15-25 ans.