Pour nos enfants — le programme intégral

QUATRIÈME PARTIE — DÉFENDRE ET RAYONNER

CHAPITRE XX — LA FRANCE, PUISSANCE D’ÉQUILIBRE : VERS UNE DIPLOMATIE EUROPÉENNE

La politique étrangère et la défense sont, depuis 1958, le domaine réservé du président. C’est un héritage qu’il faut assumer sans l’idolâtrer : car ce domaine-là, tôt ou tard, devra se confondre avec celui de l’Europe. La tâche est rude. Nos alliances historiques ne se ressemblent pas, nos liens avec nos anciennes colonies non plus, ni nos accords commerciaux ou militaires : l’Espagne et l’Allemagne ne lisent pas Gaza de la même façon, la France et la Pologne n’ont pas la même Afrique. Mais sur les grands pôles — les États-Unis, la Chine, la Russie, et l’« axe » des régimes dangereux —, les Européens n’ont plus le luxe de la dispersion. L’alignement n’est pas une abdication : c’est la seule façon de peser. Ce chapitre dessine la diplomatie d’une France qui ne choisit ni la vassalité ni la naïveté — une puissance d’équilibre.

Proposition 127 — Aligner les Européens sur les grands pôles, converger partout ailleurs

Ce qui existe. Vingt-sept politiques étrangères qui parlent à tour de rôle, et donc une Europe qu’on n’écoute pas. Quand Washington convoite le Groenland, quand Pékin inonde nos marchés, quand Moscou teste nos frontières, l’Europe répond en ordre dispersé — vingt-sept voix, aucune portée.

Ce que l’on constate. L’Europe ne pèse que lorsqu’elle parle d’une seule voix : elle l’a montré sur le commerce, où elle négocie groupée, et oublié partout ailleurs. Sur les quatre grands pôles — les États-Unis, la Chine, la Russie, l’axe des régimes hostiles (Iran, Corée du Nord, et leurs relais) —, la divergence européenne est un cadeau fait à nos rivaux. Sur d’autres dossiers — l’Afrique, Israël et la Palestine, Taïwan —, les histoires nationales sont si différentes que l’alignement immédiat est un leurre : il se construira, il ne se décrète pas.

Ce qui nous menace. Une Europe désunie est une Europe vassalisée — par défaut, faute d’avoir choisi de l’être par elle-même. Dire « non » à Trump sur le Groenland, dresser des règles claires face à la Chine, tenir une ligne ferme sur les régimes dangereux : rien de tout cela n’est possible à vingt-sept solistes.

Ce que nous ferons. Faire de l’alignement sur les grands pôles la priorité diplomatique du mandat, par le noyau européen décrit au chapitre XVII : une position commune, contraignante, sur les États-Unis, la Chine, la Russie et l’axe hostile. Et, là où les histoires divergent encore — l’Afrique, le Proche-Orient, l’Indo-Pacifique —, un travail patient de convergence plutôt qu’un faux consensus : rapprocher la lecture espagnole et la lecture allemande de Gaza, intéresser la Pologne à une Afrique où elle n’a pas de politique mais où elle a tout à gagner à contrer les héritiers de Wagner au Sahel. La diplomatie française restera nationale dans sa voix, européenne dans sa stratégie.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les puissances qui prospéraient sur nos divisions, et la vanité des chancelleries qui préfèrent une voix solitaire à une influence partagée. Y gagnent : l’Europe, qui se met à compter ; et la France, dont la voix porte d’autant plus loin qu’elle entraîne vingt-six autres.

Pourquoi tout le monde y gagne. Une France qui partage sa souveraineté diplomatique n’en perd pas : elle la multiplie. Seul, on a raison tout seul ; à vingt-sept alignés, on fait plier un continent.

Les chiffres. Coût : nul — c’est une méthode, pas une dépense. Rapport : l’alignement européen est le seul multiplicateur de puissance gratuit dont nous disposons. Inaction : une Europe vassalisée par défaut, incapable de dire non. Trajectoire : neutre pour la dette. Concrètement : position commune contraignante sur les quatre grands pôles via le noyau (chapitre XVII) ; convergence patiente, et non décrétée, sur l’Afrique, le Proche-Orient et Taïwan.

Proposition 128 — La Chine à la réciprocité : l’accès au marché se négocie

Ce qui existe. Une asymétrie que nous avons laissée s’installer. Dans les années 1990 et 2000, la Chine n’ouvrait son marché qu’à une condition : coentreprise détenue à 51 % par des capitaux chinois, et transfert de technologie obligatoire. L’Occident a payé ce péage. Aujourd’hui, l’Europe ouvre grand ses portes et devient le déversoir des surproductions chinoises — acier, véhicules électriques, panneaux solaires — sans rien exiger en retour.

Ce que l’on constate. Le libre-échange n’est libre que s’il est réciproque ; sinon, c’est un désarmement unilatéral. La Chine n’a jamais pratiqué le libre accès : elle a pratiqué l’accès conditionnel. Lui opposer enfin ses propres règles n’est pas du protectionnisme — c’est de la symétrie.

Ce qui nous menace. Une Europe qui absorbe sans condition les surcapacités d’une économie administrée verra mourir ses industries une à une, puis découvrira sa dépendance le jour où elle voudra dire non.

Ce que nous ferons. Appliquer à la Chine la réciprocité qu’elle nous a imposée hier. Pour les investissements stratégiques : exiger, à l’échelle européenne, le miroir de la règle des années 2000 — coentreprises adossées à des capitaux européens majoritaires et partage de technologie, dans les secteurs que nous voulons garder souverains. Pour les marchandises : conditionner l’accès au marché unique à la réciprocité d’accès et au respect de nos normes sociales et environnementales, et activer sans timidité les instruments anti-subventions de l’Union. L’accès au plus grand marché solvable du monde n’est plus un droit : c’est une monnaie d’échange, et nous la dépenserons.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les surcapacités subventionnées qui cherchaient un déversoir, et les importateurs qui vivaient de la naïveté européenne. Y gagnent : nos industriels, enfin traités à égalité ; et le consommateur, à terme, car une industrie vivante vaut mieux qu’un prix cassé suivi d’une dépendance.

Pourquoi tout le monde y gagne. La réciprocité n’est pas une guerre commerciale : c’est la condition d’un commerce qui dure. On ne négocie bien qu’avec ce qu’on est prêt à retenir — et l’Europe a enfin de quoi retenir.

Les chiffres. Coût : nul en propre ; les recettes douanières éventuelles sont un effet, pas un but. Rapport : la survie de pans industriels entiers (automobile, solaire, acier) et la fin d’une dépendance stratégique. Inaction : la désindustrialisation par la surproduction importée, puis la vulnérabilité politique qu’elle crée. Trajectoire : neutre pour la dette, positive pour la base industrielle (donc pour les recettes futures). Concrètement : coentreprises à capitaux européens majoritaires et transfert de technologie sur les secteurs stratégiques ; accès au marché unique conditionné à la réciprocité et aux normes ; instruments anti-subventions activés.

Proposition 129 — Les États-Unis : rééquilibrer, et se rendre inviolables

Ce qui existe. Une amitié réelle, mais une relation déséquilibrée. Nous avons un excédent de biens avec les États-Unis et un déficit massif de services — numériques au premier chef : nos données, nos paiements, notre informatique en nuage transitent par des entreprises américaines. Et le droit américain prétend les suivre partout : le CLOUD Act autorise Washington à exiger des données hébergées hors de son sol. Notre souveraineté s’arrête là où commencent leurs serveurs.

Ce que l’on constate. L’ère qui s’ouvre, après Trump, sera celle d’un partenaire moins fiable et plus prédateur. L’amitié transatlantique n’interdit pas la lucidité : un allié qui capte nos données et taxe nos exportations à sa guise est un allié avec lequel il faut négocier en position de force, pas en quémandeur.

Ce qui nous menace. Une Europe qui laisse le numérique américain régner sur ses données reste sous écoute légale permanente — et découvrira, le jour d’une crise, que l’interrupteur n’est pas entre ses mains.

Ce que nous ferons. Rééquilibrer, et nous rendre inviolables. Rééquilibrer la balance des services en négociant, à l’échelle européenne, un accès symétrique au marché numérique américain et une fiscalité juste des géants du numérique. Nous rendre inviolables par deux voies complémentaires : à court terme, exiger que toute donnée sensible des Européens soit hébergée sous juridiction européenne, derrière des garde-fous techniques et juridiques qui la rendent inexploitable par une réquisition étrangère ; à long terme, bâtir nos propres infrastructures — calcul, nuage souverain, paiements (chapitre IX) —, sachant que cette indépendance se compte en centaines de milliards et en années, non en discours. L’autonomie numérique est le prolongement civil de l’autonomie stratégique.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les monopoles qui exploitaient notre dépendance, et le confort de l’alignement sans condition. Y gagnent : nos entreprises et nos citoyens, dont les données cessent d’être une matière première étrangère ; et nos industriels du numérique, enfin commandés et financés.

Pourquoi tout le monde y gagne. Un allié qu’on respecte est un allié avec lequel on traite d’égal à égal. Se rendre inviolable, ce n’est pas se fâcher : c’est cesser d’être pillable — ce qui, entre amis, vaut mieux.

Les chiffres. Coût : l’hébergement souverain et les garde-fous, modestes à court terme ; l’autonomie numérique complète, des centaines de milliards à l’échelle européenne et sur une décennie (commande publique + fonds souverain, chapitre IX). Rapport : la fin de l’extraterritorialité subie et un rééquilibrage de la balance des services numériques (dizaines de milliards). Inaction : une souveraineté de papier, sous réquisition étrangère permanente. Trajectoire : l’effort lourd est un CAPEX européen mutualisé, pas une charge française isolée. Concrètement : données sensibles sous juridiction européenne et techniquement inexploitables par une réquisition US ; à terme, calcul, nuage et paiements souverains.

Proposition 130 — Le Proche-Orient : Israël en sûreté, la Palestine reconnue

Ce qui existe. Une diplomatie française qui, depuis toujours, tient les deux bouts : la défense de l’existence et de la sécurité d’Israël, et celle des droits du peuple palestinien. Cet équilibre, longtemps notre marque, s’est brouillé à mesure que le conflit s’enlisait et que l’horizon des deux États s’éloignait.

Ce que l’on constate. Il n’y a pas de paix durable sans la sécurité d’Israël, ni sans un État palestinien viable. Les accords signés à Washington en 1993 traçaient cette voie ; on l’a laissée se refermer. La reconnaissance de l’État de Palestine progresse pourtant dans le monde — c’est un levier, à condition d’être posée comme une étape vers la paix, jamais comme un geste contre Israël.

Ce qui nous menace. Un Proche-Orient livré aux extrêmes des deux camps, c’est un foyer de guerre permanent qui irrigue le terrorisme, les divisions internes des sociétés européennes, et l’instabilité de tout notre voisinage méditerranéen.

Ce que nous ferons. Réassumer la position d’équilibre qui fut la force de la France. Garantir, sans ambiguïté, l’intégrité et la sécurité d’Israël dans des frontières sûres et reconnues, dans l’esprit des accords de Washington. Garantir, avec la même fermeté, les droits du peuple palestinien au sein d’un État viable aux frontières stables, et porter sa reconnaissance par le plus grand nombre — en y entraînant nos partenaires européens, car c’est unie que l’Europe pèsera. Entretenir le lien singulier avec le Liban, fût-il moins « spécial » qu’au temps des Hariri, parce que la France y a une dette d’histoire et un rôle d’équilibre. Tenir, en somme, la ligne que nous tenons depuis toujours : amie d’Israël, fidèle aux Arabes, esclave d’aucun camp.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : les extrémistes des deux rives, qui vivent de l’absence d’horizon. Y gagnent : les Israéliens, à qui l’on garantit la sécurité ; les Palestiniens, à qui l’on garantit un État ; et l’Europe, dont la sécurité intérieure se joue aussi là-bas.

Pourquoi tout le monde y gagne. L’équilibre n’est pas la tiédeur : c’est le courage de tenir deux vérités à la fois quand chacun voudrait nous en faire renier une. C’est cette exigence-là, exactement, qui fait une puissance d’équilibre.

Les chiffres. Coût : neutre — c’est une doctrine diplomatique, soutenue par notre aide au développement et notre présence (ordre de grandeur existant, redéployé). Rapport : la stabilité d’un voisinage dont l’instabilité nous coûte en terrorisme, en divisions et en flux. Inaction : un conflit sans horizon qui ensemence durablement l’insécurité européenne. Trajectoire : neutre pour la dette. Concrètement : sécurité d’Israël dans des frontières reconnues, État palestinien viable et reconnu porté avec nos partenaires européens, lien maintenu avec le Liban — la ligne d’équilibre française réassumée.

Proposition 131 — L’Inde et les non-alignés : l’autre Asie

Ce qui existe. Une obsession sino-centrée qui nous a fait négliger l’autre géant asiatique. L’Inde, première démocratie du monde par la population, reste « non alignée » — ni vassale de Washington, ni satellite de Pékin, et elle offre un écosystème largement plus ouvert à l’Occident, sur presque tout son territoire, que la Chine ne l’a jamais été.

Ce que l’on constate. Diversifier hors de Chine n’est pas un slogan : c’est une assurance. L’Inde est l’alternative intelligente — un marché immense, une démocratie qui, pour rude qu’elle soit, demeure une démocratie, et donc une garantie de prévisibilité pour nos entreprises que n’offre aucun régime autoritaire.

Ce qui nous menace. Une Europe qui aurait remplacé sa dépendance américaine par une dépendance chinoise n’aurait fait que changer de maître. Ignorer l’Inde et les puissances non alignées, c’est se condamner au face-à-face appauvrissant avec Pékin.

Ce que nous ferons. Faire de l’Inde un partenaire stratégique de premier rang : approfondir la coopération de défense déjà engagée, ouvrir nos filières d’excellence (aéronautique, spatial, nucléaire civil, numérique) et nos universités, et bâtir des chaînes d’approvisionnement qui passent par New Delhi plutôt que par le seul Shenzhen. Plus largement, tisser un réseau avec les grandes démocraties non alignées du Sud — pour leur offrir une alternative crédible à la tutelle chinoise, et nous offrir des marchés et des relais. La diversification est la prudence faite politique étrangère.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : ceux qui pariaient sur notre dépendance à un fournisseur unique. Y gagnent : nos industriels, qui sécurisent leurs chaînes ; nos chercheurs et étudiants, qui gagnent un partenaire d’un milliard et demi d’habitants ; et l’équilibre mondial, moins bipolaire.

Pourquoi tout le monde y gagne. Une porte de sortie n’est utile que si elle est ouverte avant l’incendie. Cultiver l’Inde aujourd’hui, c’est s’épargner le chantage de demain.

Les chiffres. Coût : neutre — redéploiement diplomatique et commercial, pas dépense nouvelle ; les coopérations de défense relèvent de la loi de programmation (chapitre XVIII). Rapport : la diversification hors de Chine, c’est-à-dire une assurance contre la dépendance et un accès au marché à plus forte croissance du monde. Inaction : un face-à-face appauvrissant avec Pékin, faute d’alternative. Trajectoire : neutre pour la dette, positive pour le commerce. Concrètement : partenariat stratégique avec l’Inde (défense, aéronautique, spatial, nucléaire civil, universités), réseau avec les démocraties non alignées du Sud.

Proposition 132 — Réarmer le multilatéralisme : une ONU élargie, des liens particuliers

Ce qui existe. Un multilatéralisme à bout de souffle. Le Conseil de sécurité reflète le monde de 1945, pas celui de 2027 : cinq membres permanents, deux blocages systématiques signés Moscou et Pékin, et des continents entiers — l’Afrique, l’Amérique latine — sans siège permanent. Et une France qui dispose, à travers ses outre-mer, de voisinages précieux qu’elle cultive trop peu.

Ce que l’on constate. Le multilatéralisme est une force française : siège permanent, réseau diplomatique mondial, francophonie (chapitre V), présence sur tous les océans. Mais une institution figée perd sa légitimité, et un voisinage négligé devient une occasion manquée.

Ce qui nous menace. Un ordre international que plus personne ne croit légitime cède la place à la loi du plus fort — celle, précisément, que les régimes autoritaires appellent de leurs vœux.

Ce que nous ferons. Porter une réforme ambitieuse du Conseil de sécurité : l’élargir à l’Allemagne et au Japon — deux démocraties majeures, avant le centenaire de 1945 si possible —, à l’Inde et au Brésil pour les géants émergents, et à l’Afrique du Sud pour porter une voix africaine. Un tel élargissement réancre l’institution dans le monde réel, équilibre les nouveaux venus (deux proches de l’Occident, trois non alignés) et, mécaniquement, dilue le poids des deux vétos autoritaires — sans que ce soit le motif affiché, car la réforme se défend par la légitimité, pas par la manœuvre. En parallèle, cultiver nos liens particuliers : par nos outre-mer, la France est le voisin du Brésil et du Suriname, de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie, des Antilles anglophones, néerlandaises et hispanophones, du Canada, de Madagascar et de Maurice. Avec chacun, une coopération renforcée — civile et militaire, du secours en mer à la surveillance des zones économiques, de l’université à la culture.

Qui y perd, qui y gagne. Y perdent : ceux qui prospèrent dans le blocage et l’illégitimité des institutions. Y gagnent : la France, dont le multilatéralisme est un atout sous-exploité ; les grands émergents, qui obtiennent la place que le réel leur doit ; et nos outre-mer, replacés au centre de réseaux régionaux au lieu d’en être les marges.

Pourquoi tout le monde y gagne. Une institution qu’on rénove est une institution qu’on sauve. Et un pays présent sur tous les océans qui se lie enfin à ses voisins découvre qu’il n’est jamais aussi grand que par ses confins.

Les chiffres. Coût : neutre — diplomatie et coopération, redéployées ; les volets militaires relèvent de la loi de programmation (chapitre XVIII). Rapport : un multilatéralisme rénové et un réseau de voisinages activé — la projection d’une puissance mondiale à coût marginal. Inaction : un ordre international délégitimé qui cède à la loi du plus fort, et des outre-mer laissés en marge de leurs propres régions. Trajectoire : neutre pour la dette. Concrètement : Conseil de sécurité élargi (Allemagne, Japon, Inde, Brésil, Afrique du Sud) ; liens particuliers et coopération civile et militaire avec les voisins de nos outre-mer (Brésil, Suriname, Nouvelle-Zélande, Australie, Antilles, Canada, Madagascar, Maurice).